Impressionnant, le Bayern Munich a tétanisé comme pas possible le FC Barcelone. Score final, 8-2 ! Un raclé historique des Bavarois se présentent déjà comme favoris de la compétition avant les demies.
La bataille entre le Bayern et le géant espagnol a enfin livré son verdict. Un genre de choc qui atteint des sommets d’intensité, quand il ne vire pas à l’humiliation.
Ce fut encore le cas pour ce choc très attendu de ce 8è de final. Mais cette fois-ci, c’est le Barça qui s’est fait marcher dessus, giflé par un parent qui corrige son enfant quand il commet une bêtise. La correction et la pluie de buts de cette rencontre hanteront les joueurs certainement jusqu’à la fin de leur carrière.
UN SCÉNARIO FOU
Articulé dans un 4-4-2
A la place de son traditionnel 4-3-3, le Barça a tenté un coup du maître comme pour situer les degrés de confiance du moment. Pour ce club-là, s’adapter à l’adversaire est un premier signal. En face, le Bayern n’a pas changé d’un iota. Les premières minutes ont annoncé la couleur. Au terme d’une action limpide, Müller a profité d’une remise parfaite de Lewandowski pour débloquer la situation. 0-1, à la 4ème minute. Un premier coup sur la tête, avant le coup de pouce de David Alaba, qui a remis le Barça sur les bons rails contre son gré en trompant Neuer d’une reprise digne d’un vrai renard des surfaces 1-1, à la 7ème minute.
UN BAYERN EFFRAYANT ET FOUDROYANT
C’est à ce moment précis que le Barça a peut-être manqué le coche, si tant est qu’il ait eu la moindre chance de regarder cette équipe dans les yeux… Car juste après cette égalisation, Lionel Messi a touché du bois sur un centre-tir vicieux que personne n’a détourné, avant de tenter une nouvelle fois sa chance. Mais le Bayern n’a pas tardé à reprendre ses esprits. Et le courant s’est arrêté dans les rangs barcelonais. Après une alerte de Lewandowski à la 13ème minute, Perisic a trouvé la faille sur une frappe puissante du gauche que Ter Stegen n’est parvenu qu’à effleurer. 1-2, à la 21ème minute.
Plus que le regard vide de Lionel Messi, Marc-Andre ter Stegen pourrait être le symbole de ce naufrage. L’Allemand est une référence mondiale à son poste, c’est entendu. Mais il a illustré le manque de flexibilité d’un Barça perdu dans ses intentions, et coulé par sa propre identité. Inapte à s’adapter à la problématique du soir, le gardien allemand a multiplié les relances dangereuses. C’est une signature de cette équipe, mais les Blaugrana l’ont payé cher. Gnabry a exploité une merveille d’ouverture de l’imposant Goretzka pour ajouter un troisième but à la 27ème minute, avant que Lewandowski ne soit tout proche d’exploiter une sortie de balle trop risquée de Ter Stegen. Deux minutes plus tard, c’est Müller, déchaîné, qui y est allé de son doublé en reprenant un centre précis de Kimmich. 1-4 à la 37ème minute.
COMME UN AIR D’ALLEMAGNE-BRÉSIL
Le Barça était au pied du mur. Il a beau être impliqué dans toutes les remontadas depuis que le terme existe, il était impensable d’imaginer un tel scénario dans ce match. Parce que ça n’en était pas un. Pour réussir l’impossible, cette équipe déstructurée aurait eu besoin d’un grand Messi, déjà. Mais le génie argentin a vite baissé les armes, agacé par les manques de son équipe dans tous les compartiments du jeu. L’entrée d’Antoine Griezmann n’y a pas changé grand chose, malheureusement pour le champion du monde, même si la réduction du score de Luis Suarez sur un bel enchaînement a redonné un peu de piment. 2-4, à la 57ème minute. Mais ce Bayern était trop fort !
La bande à Lewandowski a repris sa symphonie pour finir la rencontre comme l’a commencée. Agressive, âpre, verticale, puissante, cette équipe dégage une assurance effrayante. Sur un déboulé du supersonique Davies, Kimmich a enfoncé le clou d’une reprise à bout portant. 2-5, à la 63ème minute. On s’est alors dit que le temps serait long, très long, pour le Barça. Les vagues se sont multipliées, submergeant une défense aux abois et un milieu complètement dépassé.
UNE HUMILIATION HISTORIQUE
Dans tous les bons coups, Lewandowski méritait d’inscrire son petit but. Il y est parvenu d’une tête clinique en fin de match. 2-6, à la 81ème minute, avant que Philippe Coutinho, le paria du Camp Nou, ne prenne sa revanche pour clore le festival avec un doublé express en quelques minutes. 2-7, à la 86e et 2-8, à la 88ème minute. Ultime coup d’éclat d’une humiliation sans précédent. Barcelone n’avait jamais encaissé autant de buts sur un match sec dans son Histoire. Pour cela, au moins, et pour tout le reste, cette défaite laissera des traces. Elle marque la fin d’une ère. Pour la première fois depuis l’édition 2007-2008, aucune équipe espagnol ne jouera le demi-finales de la Ligue des Champions. Le Bayern, de son côté, peut bomber le torse avant la suite de son parcours. Son future adversaire est donc prévenu.
RB

