Le pasteur Daniel Ngoy Mulunda a été arrêté mercredi à Lusaka, capitale de la Zambie. L’information, révélée par le journaliste Steve Wembi, indique que des individus non identifiés ont conduit l’ex-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) vers une destination encore incertaine.
Les premières hypothèses évoquent une éventuelle interpellation par les services d’immigration ou un transfert dans un lieu inconnu. Pour l’instant, ni Lusaka ni Kinshasa n’ont officiellement communiqué sur cette affaire, laissant place à toutes les spéculations.
-Un passé judiciaire complexe-
Après avoir purgé une peine de trois ans à la prison de Kasapa à Lubumbashi pour incitation à la haine, faux bruits et atteinte à la sûreté de l’État, Mulunda avait été libéré provisoirement en septembre 2022. Sa condamnation, intervenue en l’absence de sa défense, faisait suite à ses déclarations jugées sécessionnistes lors du 20ᵉ anniversaire de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila.
L’homme de Dieu avait alors posé des conditions au maintien du Katanga au sein du territoire congolais provoquant des tensions majeures dans la région. Plus loin, l’ancien prisonnier dénonçait les dérives dictatoriales de l’administration Tshisekedi et appelait au respect des grands leaders katangais, notamment Joseph Kabila. « S’ils ne veulent pas que le Katanga se coupe du reste de la RDC, ils doivent respecter nos dirigeants et plus particulièrement notre leader du Katanga, le président honoraire, le sénateur à vie, Joseph Kabila Kabange », avait-il averti devant ses fidèles.
Cette posture avait galvanisé ses partisans au Katanga et alimenté les manifestations exigeant sa libération. Après sa sortie de prison, le fondateur de l’ONG Paix et réconciliation (PAREC) s’était exilé en terre zambienne où il vivait comme réfugié politique sous la protection du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
-La traque-
Les circonstances de l’interpellation de l’ex-patron de l’autorité électorale restent floues. Sur la toile, les défenseurs des droits de l’homme rappellent l’importance des garanties offertes par le statut de réfugié politique, qu’il semblait détenir. Les pro-régime se disent satisfaits, car pour eux, le détenu est un traître à la patrie, complice de John Numbi et allié aux rebelles du M23. Ils annoncent même son transfert à Kinshasa d’ici peu et précisent que les services de sécurité traquent plusieurs auteurs du plan visant à retirer le Grand Katanga du Congo.
Strada

