Les « inconscients » envoyés par le peuple à l’hémicycle

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Les députés nationaux ont jugé recevables les pétitions visant cinq membres du bureau de l’Assemblée nationale, dont le président Vital Kamerhe. La plénière, présidée par le premier vice-président Jean-Claude Tshilumbayi, s’est tenue conformément au règlement intérieur de la chambre basse du Parlement.

C’est au cours de ce débat que le député national Justin Bitakwira a créé la polémique. Déplorant l’attitude des pétitionnaires, il a lâché une phrase qui a provoqué un tollé : « Lorsque le peuple nous regarde, il a certainement l’impression qu’il est en face des inconscients » Jugés déplacés par ses pairs, ses propos ont immédiatement été contestés, et le premier vice-président du bureau l’a sommé de les retirer.

Pourtant, au-delà de l’indignation de ses collègues, une partie de l’opinion estime que les mots de Bitakwira reflètent une réalité criante : celle d’élus perçus comme des inconscients. Car une fois leur siège assuré, beaucoup semblent tourner le dos aux préoccupations de leurs électeurs.

Les motivations des pétitionnaires suffisent à alimenter ce sentiment. Ils revendiquent principalement dix mois d’arriérés de frais de fonctionnement et une couverture médicale. Les griefs liés à la mauvaise gestion ou au blocage parlementaire, mis en avant pour justifier ces démarches, apparaissent davantage comme des prétextes destinés à renforcer leur cause.

Pendant ce temps, combien de citoyens, fonctionnaires, vendeurs ambulants, maraîchers ou petits commerçants, ont réellement accès à une couverture santé ? Dans la capitale, l’insécurité fauche quotidiennement des vies. Dans l’Est, des élus originaires des zones aujourd’hui occupées par l’AFC-M23 savent que leurs électeurs survivent entre famine, déplacements forcés et malnutrition infantile.

Ils sont rares, les députés qui, lors des vacances parlementaires, regagnent leurs circonscriptions pour écouter les doléances de la population et s’engager concrètement dans la recherche de solutions.

Dès lors, Bitakwira avait-il réellement tort ? Pour beaucoup, ces pétitions ne sont que des querelles de positionnement, des batailles d’influence et des calculs en vue des élections de 2028, loin des véritables attentes du peuple.

On aura beau chahuter dans l’hémicycle, mais dans la tête de millions de Congolais, l’idée s’ancre chaque jour davantage : oui, il y a bel et bien des inconscients parmi leurs représentants.

Germain Coucou Diantama

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