Dans un contexte de violences persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’accès aux soins de santé demeure un défi quotidien pour des milliers de personnes. Entre janvier et juin 2025, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a placé ce secteur au cœur de son action humanitaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, tout en poursuivant des interventions complémentaires dans les domaines de l’eau potable, de la protection et de l’assistance économique.
Selon les chiffres communiqués par l’organisation, plus de 167 000 consultations curatives ont été assurées dans les centres de santé et hôpitaux soutenus. À cela s’ajoutent 47 000 vaccinations, près de 18 500 consultations prénatales, ainsi que plus de 21 000 séances de soins en santé mentale et soutien psychosocial pour des personnes marquées par les violences, qu’elles soient victimes d’attaques armées, de violences sexuelles ou bénéficiaires de services de réadaptation.
Les hôpitaux appuyés par le CICR au Nord et au Sud-Kivu ont également pris en charge plus de 3 100 blessés par armes. Pour renforcer la réponse, l’organisation a distribué des kits de stabilisation à 22 structures de santé, permettant de soigner gratuitement près de 670 victimes. Des tentes médicales ont été installées pour élargir les capacités d’accueil, et 116 professionnels de santé ont été formés à la chirurgie de guerre dans un pôle spécialisé.
Au-delà des hôpitaux, l’appui a également concerné les lieux de détention, où la situation sanitaire reste préoccupante. Plus de 7 500 consultations curatives ont été réalisées dans les dispensaires des prisons soutenues, et plus de 3 200 détenus ont bénéficié d’un programme nutritionnel. Pour les cas les plus graves, 258 personnes souffrant de malnutrition aiguë sévère ont reçu un suivi médical spécifique.
Mais la santé n’est pas le seul domaine dans lequel le CICR s’est engagé. L’organisation a également travaillé à l’amélioration des services essentiels : plus de 43 000 litres de carburant ont été fournis à la REGIDESO et à des structures médicales, deux lignes électriques alimentant Goma ont été réhabilitées, et près de 9 500 m³ d’eau potable ont été livrés aux structures sanitaires. Ces interventions ont permis de maintenir la continuité des soins malgré les coupures d’électricité et les pénuries d’eau.
La protection des familles séparées a représenté un autre axe majeur d’action : 208 enfants non accompagnés ont été enregistrés et 105 réunifications familiales ont pu avoir lieu. Plus de 2 500 appels gratuits ont été facilités, permettant à des proches dispersés de renouer le contact.
Parallèlement, le CICR a poursuivi son dialogue confidentiel avec les porteurs d’armes de toutes les parties au conflit, dans le but de limiter l’impact humanitaire des violences.
Aristide BARAKA YISUNGA

