La Section des Affaires civiles de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) a organisé, jeudi à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, une session de mobilisation communautaire axée sur la protection des civils, le renforcement de la confiance, ainsi que la lutte contre la désinformation et les discours de haine.
Cette rencontre a réuni dix-neuf acteurs étatiques et non étatiques du secteur de Bapere et de la chefferie de Baswagha, dans le territoire de Lubero, des localités régulièrement touchées par les attaques meurtrières des ADF.
Parmi les participants figuraient le vice-gouverneur du Nord-Kivu, l’administrateur du territoire de Lubero, des représentants de l’opération Sokola 1 des FARDC contre les ADF, la Police nationale congolaise, des chefs traditionnels, des membres de la société civile de Beni, Butembo et Lubero, des associations féminines, ainsi que la Force de la MONUSCO et plusieurs sections substantielles travaillant dans le domaine de la protection des civils.
Objectif : renforcer la collaboration entre les parties prenantes pour faire face aux menaces sécuritaires et aux effets dévastateurs de la désinformation dans cette partie du territoire.
Abdourahamane Ganda, chef du sous-bureau de la MONUSCO à Beni, a rappelé que les attaques des ADF depuis juin 2024 ont causé des pertes humaines, des déplacements massifs et d’importantes destructions dans le secteur de Bapere et la chefferie de Baswagha. Il a également souligné que le déploiement de la MONUSCO à Mangurejipa, chef-lieu du secteur de Bapere, a été entravé dans les environs de Butembo par des actes de violence alimentés par la désinformation.
« Après le déclenchement des massacres de civils par les ADF dans le secteur de Bapere en 2023, nous avons tenté d’envoyer des troupes pour les contrer. Nos éléments ont fait face à une résistance farouche d’une partie de la population à la suite de la désinformation. Certains affirmaient que nous allions soutenir les ADF, d’autres que nous voulions faciliter l’avancée du M23. À mesure que nos troupes progressaient, des troncs d’arbres étaient placés derrière elles pour les empêcher de faire demi-tour… Nous n’avons pas pu protéger la population, et les massacres ont continué », a rappelé Abdourahamane Ganda.
De son côté, le vice-gouverneur du Nord-Kivu a insisté sur la double menace que représentent les ADF et le M23, aggravée par la propagation de fausses informations. Il a appelé à renforcer la cohésion sociale et à intensifier la mobilisation communautaire pour mieux protéger les civils. Il a également souligné l’importance de la mutualisation des efforts entre les FARDC, l’UPDF et la MONUSCO, ainsi que du soutien des communautés locales.
MYANGO OMARI Simon Du Ciel

