Le consortium des organisations de défense des droits humains alerte sur des massacres répétés, ciblés et prévisibles de civils, perpétrés dans un silence presque total, dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo.
Dans un rapport issu d’enquêtes menées du 9 décembre 2024 au 20 janvier 2026, ce consortium indique avoir documenté plus de 230 civils victimes de massacres, dont une majorité de femmes et d’enfants. Il fait également état d’attaques systématiques contre des sites de personnes déplacées, d’enterrements de personnes encore vivantes, d’exécutions publiques ainsi que d’un ciblage ethnique récurrent visant principalement la communauté Hema et toute autre personne perçue comme solidaire ou neutre.
« Ces crimes ne sont ni accidentels ni isolés. Ils obéissent à des schémas récurrents, à des modes opératoires identifiables et à une intention manifeste de terroriser et de détruire », écrit le consortium dans son rapport.
La CRDH, l’APDH, Diaspora Plurielle, le Collectif Gakondo et Isoko Diaspora attribuent ces massacres aux groupes armés, notamment la CODECO, le FPIC, le groupe Zaïre/CRP et les ADF. Ils pointent également la responsabilité de l’État congolais, qu’ils jugent engagée par action, lorsque des agents de l’État seraient discrètement impliqués dans ces crimes, ou par inaction.
Ces organisations critiquent par ailleurs l’état de siège instauré depuis 2021 en Ituri, estimant qu’il n’a pas permis de protéger efficacement les civils. Tout en appelant à la levée de cette mesure exceptionnelle, elles estiment que l’état de siège a suspendu les mécanismes civils de contrôle, affaibli la justice, concentré le pouvoir sans redevabilité et contribué à l’instauration d’un climat d’impunité structurelle.
MYANGO OMARI Simon Du Ciel

