Jean-Pierre Bemba – Corneille Naanga : deux faces d’une même monnaie ? (Chronique de Alphonse Bomboko)

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La polémique enfle sur la toile. La méconnaissance, de nombreux jeunes partisans de l’Union pour la nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et de ceux de Ensemble pour la républiques de Moise Katumbi, de ce qu’a été l’histoire de notre pays entre 1996-2007, appelle à un éclaircissement sérieux. L’on ne peut laisser une jeunesse dans la perdition à cause de nos intérêts égoïstes de quelques politiciens en perte de crédibilité et en crise de patriotisme.
Il est temps, pour faire avancer notre pays, que la mauvaise foi et la haine se taisent dans le cœur de chaque Congolais lambda. Que seules la lumière et la raison d’Etat nous conduisent avec beaucoup d’amour pour le prochain dans la construction du vivre ensemble.
Est-ce utile d’éclairer chaque mensonge que vocifère certaines langues des vipères ? En ce temps où la République démocratique du Congo, notre pays est à la croisée de sa destinée, les mensonges, la perfidie, les querelles politiques vaines et la mauvaise foi doivent laisser la vérité illuminer nos cerveaux et nos cœurs. L’insulte d’un aîné, incapable de répondre objectivement à mon argumentation m’ont poussé à écrire ses quelques lignes aux Congolais lambda qui ont besoin de la lumière et de la vérité.
Bien que vrai, il est facile de répondre à quiconque, comparaison n’est pas raison. Mais, certains veulent voir dans cette « compa-raison » la raison. Je veux rendre à l’histoire et à la politique ses lettres et actions de noblesse du temps des prêtres-rois.
Jean-Pierre Bemba : le choix de la liberté !

Inexistence à Kinshasa d’un ordre politique constitutionnel légitime : Dictature de Laurent Désiré Kabila

Le 17 Mai 1997, le régime dictatorial du Maréchal Mobutu prend fin. Sept (7) ans après la fin annoncée du parti unique en République du Zaïre.
Dès son arrivée au pouvoir, en mai 1997, Laurent Désiré Kabila, Président autoproclamé de la République démocratique du Congo, interdit les activités des partis politiques. Ces partis organisaient des manifestations populaires pour exiger le départ des troupes rwandaises qui se comportaient en « conquérant », tel que lui-même l’a déclaré dans une conférence de presse.
Jeudi 12 février 1998, Etienne Tshisekedi, le Sphinx de Limete est arrêté au soir à sa résidence à Kinshasa par une vingtaine de « kadogo » armés jusqu’aux dents. Il ne sera pas envoyé en exil en Egypte comme Sphinx. Le 13 février 1998, alors qu’il était à l’aube de fêter le 16 anniversaire de son parti politique l’Union pour la démocratie et le progrès social, Etienne Tshisekedi est relégué dans son village natal par le régime de Laurent Désiré Kabila.
Des dignitaires et hommes d’affaires du Zaïre, sont arrêtés, certains séjournent en prison et beaucoup de leurs biens, peu importe l’origine, sont saisis par l’Office des biens mal acquis.
Plusieurs dizaines de milliers de soldats ex-Faz sont enfermés dans ce que l’on appellerait des camps de concentration « sous la surveillance des « kadogo » et d’officiers rwandais. Des officiers (ndlr ex-Faz) sont sauvagement assassinés » par le régime de Laurent Désiré Kabila.
C’est dans ce contexte que Jean-Pierre Bemba décide, avec ses compagnons, de créer le Mouvement de libération du Congo en septembre 1998 pour libérer le peuple et détrôner à Kinshasa le Président autoproclamé Laurent Désiré Kabila.

La révolte d’un businessman nationaliste

Le Mouvement de libération du Congo naît à Kisangani en 1998, après le rejet du système et des méthodes rwandaises au sein du RCD. Le MLC sera et reste jusqu’à ce jour un mouvement populaire crédible des Congolais pour les Congolais par les Congolais. Dans ses mémoires, Jean-Pierre Bemba ouvre son cœur et note ceci :
 » D’emblée, j’éprouve un profond scepticisme sur les options du RCD qui refuse d’associer les populations à la gestion de ses territoires en imposant des leaders locaux au lieu de promouvoir la démocratie et les élections. En outre, au niveau militaire, le choix de ce mouvement de s’appuyer exclusivement sur son allié rwandais au détriment du développement d’une capacité congolaise, me laisse penser que cette méthode ne peut conduire à la constitution d’un mouvement populaire crédible. Enfin, les multiples exactions et violations des droits de l’homme dont les populations du Kivu sont les victimes de la part de la soldatesque locale achèvent de conforter mes convictions. En dépit de l’insistance de mon interlocuteur, je ne peux rejoindre mes frères du RCD. De retour à Kampala, je fais part au président Museveni de ma rencontre et lui demande de m’aider à créer une véritable force d’alternative au régime dictatorial de Kinshasa ».

Résultats, sur l’échiquier politique national et international, le Mouvement de Libération du Congo est le seul parti politique, issu de la révolution armée depuis 1996, viable et avec des élus à tous les niveaux. L’Alliance des forces démocratiques pour la Libération (AFDL) aîné du RCD/GOMA, le CNDP n’ont pas survécu face à la volonté politique du peuple Congolais de se réapproprier la nation et de sauvegarder l’intégrité et la souveraineté du pays. Ainsi, il en sera des mouvements terroristes du AFC/M23, les mêmes causes et méthodes rwandaises produisant les mêmes effets.
Jean-Pierre Bemba pour mener à bien sa révolution avec ses amis, en nationaliste convaincu s’est basé et appuyé sur les fils du pays, avec l’aide des quelques instructeurs ougandais pour la formation d’une fortes armées respectueuses de droits de l’homme. Quelques ougandais ont servi également, sur le champ de bataille à appuyer avec l’artillerie lourde, les victorieux jeunes fantassins de l’Armée de libération du Congo (ALC), la branche armée dissoute du MLC après les accords de Sun City. L’ALC n’avait pas injecté des militaires ougandais au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo, contrairement à l’AFDL, le CNDP et le M23.

La vision d’un Congo uni, fort et prospère
Dès la création du Mouvement de libération du Congo, Jean-Pierre Bemba a des idées claires. La révolution qu’il mène s’appuie sur les forces locales : c’est une révolution populaire et plusieurs jeunes congolais de toutes les régions y prennent part.
L’Armée de libération du Congo fut un corps homogène des jeunes Congolais fort et déterminés à mettre fin au régime de Kinshasa. Très disciplinés et bien formés
Les populations civiles ne sont pas laissées de côté. Contrairement aux autres mouvements rebelles et à la propagation de la dictature rwandaise, Jean-Pierre Bemba prône la démocratie et une gestion participative des cités, ville et territoires conquis par le Mouvement de libération du Congo. Des élections démocratiques sont organisées dans chaque entité prise par l’Armée de libération du Congo. Le Mouvement de libération du Congo, de toute son existence, n’a pas engendré d’autres mouvements insurrectionels.

Le SAS (Service abnégation Sacrifice) pour la patrie au sein du ALC/MLC
Le SAS, c’était le maître mot, le leitmotiv pour la conduite de chaque cadre politique et militaire, de tous durant la révolution populaire du Mouvement de Libération du Congo.
Je ne saurai dire, je ne sais même pas si les militaires, les jeunes recrus étaient payés…tout ce que je sais est qu’en adhérant au combat du MLC, la seule chose qui comptait, pour chacun d’entre nous, c’était la libération de notre pays. Pour cela, Jean-Pierre Bemba a su gagner le cœur de chaque combattant, de chaque cadre au serment de servir la cause avec abnégation et sacrifice. Chaque militaire au front avait aussi bien sa ration alimentaire que ses munitions et matériels et surtout un moral au zénith pour faire triompher le choix de la liberté.

Corneille Naanga : de la déception à la trahison, le nouveau clown de Paul Kagame

Il n’est pas connu du grand public. Son accession à la Présidence de la Commissaire électorale nationale indépendante (Céni) en 2015 a fait de lui une personnalité en République démocratique du Congo. Mais quelles sont les revendications de cet ancien président d’une institution d’appui à la démocratie devenu rebelle aux cotés des criminels et terroriste tel Paul Kagame et le M23 ?
À en croire ses différents discours et interviews depuis la création de l’Alliance fleuve Congo (AFC/M23) les revendications de Corneille Naanga nécessite un combat politique et non une lutte armée.
Après sa déception d’accéder au cercle d’influence du régime de Félix-Antoine Tshisekedi, Corneille Naanga, avec les mêmes revendications d’aujourd’hui, crée son parti politique. « Action pour la Dignité du Congo et de son peuple » (ADCP), est présenté à Kinshasa samedi 25 février 2023.
Après sa première conférence de presse à Goma, je me pose même la question de savoir, s’il n’avait pas mal compris les instructions de ceux qui l’ont toujours manipulé comme président de la Céni. Justifiant sa prise d’arme par la seule volonté de détruire un monstre qu’il a créé. Que ça soit Paul Kagame et Joseph Kabila, savent tous deux que la reprise du pouvoir entre les mains des Congolais par une lutte politique et démocratique est impossible, il faut prendre les armes. Voilà pourquoi, quelques mois après la présentation de son parti politique, Corneille Naanga, se retrouve à Nairobi embrassant par ricochet le régime terroriste de Kigali et les criminels du M23 ; ignorant l’ordre constitutionnel établi depuis le referendum de 2005.
À 5 jours de la présidentielle de décembre 2023 en RDC, Corneille Naanga lance à Nairobi, le 15 décembre 2023, l’Alliance fleuve Congo (AFC). C’est « une plateforme composite qui réunit à la fois des représentants politiques, de la société civile et des groupes armés comme le M23 ». L’AFC/M23 est une association des pantins, à l’instar de l’AFDL, du RCD GOMA, du CNDP.

Corneille Naanga le nouveau clown de Paul Kagame
Comme tous les autres formations rebelles à la solde de Paul Kagame et du Rwanda, les méthodes et systèmes politiques sont rwandais. La population n’est pas associée et n’adhère pas au combat. Elle est même écartée, car aucune élection n’est opérée pour promouvoir la démocratie et faire participer la population à ce combat.

La méthode rwandaise depuis la guerre de l’AFDL consiste à nommer un autochtone comme titulaire puis un rwandais comme second pour diriger les entités conquises. Le vrai pouvoir décisionnel est détenu par ce second. La nomination présentation de l’équipe du gouvernement à Goma de l’AFC/M23 est un exemple éloquent. La vision rwandaise est expansionniste et l’exploitations illicite des minerais de la République démocratique du Congo. Comme ces prédécesseurs, Corneille Naanga, non seulement regrettera son alliance avec le régime criminel de Kigali, mais risque une fin comme eux.

La milice tutsi RDF et ses méthodes terroristes exportées en RDC
Point n’est besoin d’épiloguer dessus, les différents rapports des experts de Nations-Unies en disent long sur les massacres, les tueries et les viols commis par les miliciens tutsis des forces armées rwandaises sur les populations congolaises de 1996 jusqu’à ce jour. La liste des massacres des populations congolaises par la milice tusti de Paul Kagame dénommée RDF.
Corneille Naanga a prétendu que le compromis à l’africain à l’issue du scrutin de 2018 visait à éviter que le sang coule, mais aujourd’hui c’est qui fait couler le sang et est le pantin d’un criminel notoire et d’un régime génocidaire.

Comme disait Simon Bolivar, « La liberté est le seul but qui vaille le sacrifice de la vie des hommes ». Et comme il le fut lui-même, en 1998 en créant le Mouvement de Libération du Congo, Jean-Pierre est constamment dans un esprit de sacrifice d’abnégation au service de sa patrie, le comparer à un « Corbeille » Naanga est une « abomi-nation » !

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