Grand Kivu: le CICR alerte sur les défaillances dans le système sanitaire

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Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) alerte sur la dégradation alarmante du système de santé dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Une évaluation menée récemment auprès de 109 structures sanitaires confirme l’état de saturation et l’extrême fragilité des centres de soins.

L’insécurité persistante, la réduction des financements humanitaires et l’intensification des conflits compliquent l’accès aux soins, y compris pour les pathologies les plus simples.

« Aujourd’hui, avec un accès à des soins et à des médicaments fortement restreint, les risques pour une personne vivant au Nord ou Sud-Kivu de succomber des suites d’une blessure par arme ou suite à une simple diarrhée n’ont jamais été aussi élevés », déclare François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC.

Selon l’organisation, le nombre de consultations pédiatriques a chuté de moitié entre 2024 et 2025, et les vaccinations infantiles sont passées de 67 000 à seulement 29 000 enfants au cours du premier trimestre. Les décès néonatals ont, quant à eux, quadruplé au Nord-Kivu.

« Ceci démontre combien les mères n’arrivent pas à accéder aux centres de santé… Cette situation fait craindre le pire aussi en matière de couverture vaccinale », s’inquiète Etienne Penlap, coordinateur santé du CICR.

La prise en charge des blessés par arme a connu une hausse spectaculaire, avec 2 351 cas recensés entre janvier et mai 2025, soit une augmentation de 172 % par rapport à la même période l’an dernier. Les blessures sont plus graves, souvent causées par des armes explosives, entraînant des amputations et des séquelles irréversibles. Parallèlement, les consultations en santé mentale ont été multipliées par sept.

Plus de 60 % des structures de santé visitées ont subi des pillages. « Les médicaments et tous les biens matériels ont été emportés. Aujourd’hui, nous peinons à traiter des pathologies courantes,», témoigne Safari, infirmier à Kalehe.

Pendant ce temps, trois quarts des centres connaissent des ruptures de stocks, y compris pour des médicaments de base comme le paracétamol.

Le CICR rappelle que le droit international humanitaire impose aux parties en conflit de protéger les soins de santé et d’en faciliter l’accès.

« La gravité de la situation nécessite que toutes les parties aux conflits prennent des mesures urgentes pour respecter et protéger les malades et le personnel soignant… et assurer un financement transparent et prévisible de l’action médicale », insiste François Moreillon.

Face à l’effondrement du système de santé, le CICR appelle à une mobilisation immédiate et collective afin d’éviter une crise humanitaire plus large dans cette région déjà lourdement éprouvée.

Aristide BARAKA YISUNGA

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