Dans la province de l’Ituri, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) renforce ses efforts pour venir en aide aux familles durement éprouvées par les violences armées. Depuis le début de l’année, l’organisation a assisté des milliers de personnes à travers des distributions de vivres, la réhabilitation de points d’eau et le soutien aux structures de santé.
Plus de 40 000 consultations médicales ont été réalisées, tandis que des centaines de victimes de traumatismes psychologiques ont bénéficié d’un accompagnement spécialisé. Le CICR a également appuyé la relance agricole en distribuant des semences et des outils à plusieurs communautés rurales, afin de leur permettre de retrouver une certaine autonomie.
Mais derrière cette mobilisation se cache une réalité douloureuse : le retour de nombreuses familles dans leurs villages s’effectue souvent dans la désolation. En territoire de Djugu, certaines communautés reviennent pour retrouver des maisons incendiées et des champs abandonnés.
Déjà fragilisés par des années de conflit, les civils vivent dans la peur permanente des attaques. Beaucoup hésitent encore à se rendre dans leurs champs, redoutant d’être tués ou enlevés. Cette insécurité chronique compromet leur survie et entretient un cycle de déplacements quasi permanent.
Selon le CICR, la population civile paie un lourd tribut à cette crise. Les violations du droit international humanitaire se multiplient, et même les structures de santé ne sont pas épargnées par les violences.
« Nous appelons toutes les parties au conflit et tous les acteurs armés en Ituri à prendre conscience de l’impact dramatique de leurs actions sur les populations civiles », a déclaré François Moreillon, chef de la délégation du CICR en République démocratique du Congo.
Alors que les besoins humanitaires demeurent immenses, l’organisation réaffirme sa détermination à rester aux côtés des habitants de l’Ituri. Elle rappelle toutefois que, sans un réel respect du droit international humanitaire, ses efforts resteront insuffisants face à un cycle de violence qui continue de ravager des vies et d’éroder l’espoir d’un retour durable à la paix.
Aristide BARAKA YISUNGA

