La culture d’épargne a été recommandée aux femmes d’une association basée à Ngaba, une commune du sud de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), afin de briser le cycle de la dépendance et des inégalités sociales, lors d’une réunion hebdomadaire tenue vendredi.
« Le but de cette activité est de réveiller la conscience des femmes qui souffrent au sein des foyers par manque de culture d’épargne, ce qui les appauvrit, crée la dépendance totale et favorise les inégalités de genre », a déclaré Benjamine Sangabu, coordonnatrice de l’ONG « Ngemba ».
La coordonnatrice de cette association a indiqué que les principaux atouts de la culture d’épargne incluent la sécurité et l’indépendance financière. Elle permet de constituer un fonds de réserve pour faire face aux imprévus (urgences de santé, urgences familiales) sans avoir à dépendre d’un tiers.
« Elle permet également aux femmes d’acquérir les compétences nécessaires pour assumer des rôles de direction, ce qui leur permet de plaider en faveur de politiques qui améliorent la vie de la famille et de la communauté, telles qu’une meilleure éducation et de meilleurs services », a-t-elle ajouté.
Mme Sangabu a indiqué que la culture d’épargne permet de bâtir un patrimoine et de réduire les inégalités de genre. Dans de nombreuses communautés, notamment en milieu rural ou urbain à Kinshasa et dans le reste de la RDC, l’accès au système bancaire classique reste limité. Pour surmonter cela, les femmes s’organisent souvent à travers des mécanismes communautaires. Ces groupes solidaires permettent aux femmes d’épargner de petites sommes régulièrement et de s’octroyer des microcrédits pour investir. Il s’agit de systèmes traditionnels très populaires, basés sur la confiance, où les membres mettent en commun une somme d’argent qui est remise à tour de rôle à l’une d’entre elles.
Elle a fait savoir que la culture d’épargne constitue un filet de sécurité essentiel en cas d’urgence (maladie, crise économique) ou de séparation, particulièrement dans les régions où les femmes sont plus vulnérables à la précarité financière.
« Les femmes ont souvent des carrières morcelées et des pensions de retraite inférieures à celles des hommes. Épargner permet de pallier ce manque à gagner futur. Avoir ses propres économies permet aussi aux femmes de peser davantage dans les décisions du ménage et de s’affranchir des stéréotypes de genre traditionnels », a renchéri la coordonnatrice Sangabu.
Pour elle, l’épargne favorise l’accumulation du capital pour démarrer, gérer ou développer des activités génératrices de revenus, souvent dans le secteur informel. Elle permet aussi de compenser les écarts de revenus et les interruptions de carrière liées à la maternité ou au travail à temps partiel, qui pénalisent souvent la retraite des femmes.
Israël Senga Butela

