Récemment mis en circulation, le nouveau passeport biométrique de la République démocratique du Congo (RDC) suscite déjà de vives inquiétudes. Plusieurs institutions bancaires du pays alertent sur des difficultés majeures liées au traitement de ce document de voyage, désormais indispensable pour de nombreuses opérations courantes.
Le principal grief formulé par le secteur bancaire concerne une omission technique de taille : l’absence de l’adresse de résidence du titulaire sur le nouveau passeport.
Pour les banques congolaises, cette information est pourtant essentielle. Elle permet notamment de :
vérifier l’identité des clients conformément aux normes d’audit ;
respecter les procédures de connaissance du client (« KYC » – Know Your Customer) ;
lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Face à cette situation, plusieurs établissements bancaires rencontrent des difficultés dans le traitement de certaines opérations. Des clients rapportent des retards ou des demandes de documents supplémentaires pour l’ouverture de comptes, les retraits de montants importants ou les transferts internationaux. En l’absence d’une adresse de résidence clairement indiquée ou accessible, le passeport ne répond pas à toutes les exigences de vérification imposées au secteur bancaire.
Si le ministère des Affaires étrangères a mis en avant la modernité et le niveau de sécurité renforcé de ce nouveau document, son intégration dans les procédures du système bancaire semble poser des difficultés. Les banques sollicitent des clarifications de la part des autorités et demandent, en attendant, des pièces complémentaires, telles qu’une attestation de résidence, afin de satisfaire aux obligations réglementaires.
Senga Butela

