Le secteur des transports en commun en République démocratique du Congo traverse une crise profonde, plongeant la population dans un calvaire quotidien qui dépasse l’entendement. Face à cette situation chaotique, la gestion de Jean-Pierre Bemba à la tête du ministère des Transports suscite une indignation grandissante.
Alors que les usagers attendaient des réformes audacieuses et des solutions concrètes pour désengorger les artères de la capitale et moderniser les réseaux interprovinciaux, ils font face à une inertie politique déconcertante qui fragilise l’ensemble de l’économie nationale.
La comparaison avec d’autres pays du continent africain met en lumière le retard accumulé par la RDC. Des métropoles comme Abidjan, Nairobi ou Dakar ont entrepris de moderniser leurs infrastructures en développant des systèmes de transport urbain, notamment des trains rapides, des lignes de bus à haut niveau de service et des terminaux modernes.
Pendant ce temps, Kinshasa reste confrontée à des embouteillages persistants et à un réseau ferroviaire insuffisamment développé. Cette situation soulève des interrogations sur la vision stratégique du ministère et sur sa capacité à accompagner les transformations du secteur des transports en Afrique.
Sur le plan de la sécurité, les difficultés du secteur sont également préoccupantes. Les voies navigables et routières du pays sont régulièrement le théâtre de drames humains, illustrés par des naufrages meurtriers et des accidents à répétition. Ces événements soulèvent de sérieuses questions sur l’efficacité des mécanismes de prévention, de contrôle et de régulation.
Les services de contrôle et les commissariats fluviaux, placés sous la tutelle du ministère des Transports, sont régulièrement confrontés à des critiques concernant leur efficacité et la gouvernance du secteur. Au lieu de renforcer la régulation et d’imposer avec rigueur le respect des normes de sécurité, les pouvoirs publics semblent peiner à contenir les nombreux dysfonctionnements qui persistent dans le secteur.
En se contentant de justifier certains dysfonctionnements locaux par des comparaisons internationales, la direction du ministère donne le sentiment de ne pas apporter les réponses attendues aux préoccupations des usagers.
Le grand Congo ne peut plus se satisfaire de promesses non tenues ou de discours politiques déconnectés des réalités quotidiennes. Pour sortir le pays de cette impasse logistique, il est urgent de privilégier une expertise technique rigoureuse et des réformes concrètes, capables de reconstruire un système de transport public plus sûr, plus efficace et plus digne des ambitions de la République démocratique du Congo.
Senga Butela

