La prise en charge des patients dans un hôpital général de référence situé dans la commune de Kimbanseke, au nord-est de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a été perturbée au sixième jour de la grève des professionnels de santé, a constaté mardi l’Agence congolaise de presse (ACP) lors d’une ronde.
« Il est 11 heures, mais aucun médecin n’est présent à l’hôpital général de référence Pierre-Fokom de Kimbanseke. Les bureaux de la zone de santé sont fermés. Les patients se plaignent des difficultés de prise en charge depuis le déclenchement de la grève des médecins », a déclaré Charlène Ntumba, une patiente.
Sur place, l’absence du personnel médical perturbe le fonctionnement des services et suscite des inquiétudes parmi les patients venus consulter ou bénéficier de soins.
Certains usagers déplorent ainsi les difficultés d’accès aux prestations sanitaires, dans un contexte marqué par l’interruption des activités de plusieurs professionnels de santé.
Ce mouvement fait suite à l’appel à la grève générale lancé le 15 octobre par l’Intersyndicale du secteur de la santé (ISS-RDC), afin de dénoncer le non-respect des engagements pris par le gouvernement en faveur des agents et cadres du secteur.
Dans son communiqué annonçant cette action, l’Intersyndicale a notamment déploré l’absence de réponses satisfaisantes à plusieurs revendications socioprofessionnelles, malgré les démarches entreprises auprès des autorités.
Parmi les principales revendications figurent l’admission sous statut, la promotion en grade, la mécanisation avec prise en charge au salaire de base, l’alignement à la prime de risque professionnel, le réajustement barémique ainsi que le paiement des arriérés de primes de risque.
Les professionnels de santé réclament également la création d’une fonction publique hospitalière et l’implication effective de leurs représentants dans la mise en œuvre de la Couverture santé universelle.
Le coordonnateur de l’Intersyndicale, Jean-Fidèle Boyoo, avait annoncé que cette mobilisation serait observée sur l’ensemble du territoire national, déplorant l’absence de réponses concrètes des autorités aux préoccupations des professionnels de santé.
À Kimbanseke, les plaintes des patients mettent en évidence les conséquences de cette interruption des activités sur l’accès aux soins, particulièrement pour les personnes nécessitant une prise en charge urgente.
La résolution du différend entre le gouvernement et les représentants des professionnels de santé demeure essentielle pour permettre la reprise normale des activités et améliorer les conditions de travail dans le secteur.
Senga Butela

