L’instant est dramatique. Trempé dans une affaire de trafic d’influence pour octroyer des marchés miniers en RDC, Vidiye Tshimanga, conseiller stratégique du chef de l’Etat, a déposé sa démission ce matin, apprend-on de sources concordantes.
En dépit du scandale qui agite l’opinion depuis 24 heures, l’allié de Félix Tshisekedi est loin d’être un couard et veut garder sa dignité. « La blessure étant encore trop ouverte, la présente me paraît être la seule décision de dignité », a-t-il déclaré d’après les mêmes sources.
Ce proche collaborateur du président Tshisekedi démissionne sur fond d’accusations de corruption qu’il continue de rejeter en bloc. Et pourtant, il a déclaré être en mesure de faciliter l’accès aux mines de la RDC. Ses propos sont contenus dans une vidéo, tournée en caméra cachée révélée par une enquête du journal suisse Le Temps, et un consortium de journalistes, OCCRP spécialisé dans la lutte contre la corruption.
Les enquêteurs sont partis de cette vidéo pour leur enquête qui comporte plusieurs extraits de différents entretiens, en visioconférences et en présentiel, que Vidiye Tshimanga aurait eu avec des personnes qui se sont présentées comme des investisseurs pour le piéger. Le désormais ex-conseiller de Tshisekedi a dit à ses interlocuteurs qu’il peut les aider à obtenir des contrats miniers.
Dans ces extraits, l’ancien président de coordination du DCMP a vanté sa proximité avec le chef de l’État qu’il a pu financer sa campagne présidentielle. Il dit aussi que s’ils font affaire ensemble, il va « gagner de l’argent » et qu’ils vont partager les parts de la société qu’ils vont monter ensemble.
Vidiye Tshimanga a préféré quitter ses fonctions à la présidence afin de faire toute la lumière sur les commanditaires de ce qu’il qualifie de montage grossier. En rapport avec ce scandale, le média suisse rapporte que l’homme a donné trois explications : d’abord que ces rendez-vous étaient dans un cadre privé, ensuite l’enregistrement n’était pas fiable et finalement, qu’il savait que c’était un piège. Vidiye Tshimanga affirme qu’il a voulu retourner ce piège contre ses auteurs.

Strada

