La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a décidé, mercredi 6 mai 2026, d’annuler le non-lieu accordé l’année dernière à l’ex-première dame rwandaise, Agathe Habyarimana, née Kanziga. L’audience devait initialement se tenir le 8 avril dernier, mais la cour d’appel avait demandé la prorogation du délibéré sans donner plus d’explication.
Après quasiment 20 ans de procédure, la machine judiciaire est relancée contre Agathe Habyarimana. Mercredi 6 mai, la cour d’appel de Paris a décidé d’infirmer le non-lieu prononcé l’année dernière en faveur de l’ancienne première dame rwandaise visée depuis 2008 en France par une plainte de plusieurs ONG pour des faits de « complicité de génocide » et de « complicité de crimes contre l’humanité ».
Les motivations écrites de cette décision seront transmises aux avocats par la suite. Mais l’avocat de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Maître Patrick Baudouin, s’est félicité d’une « victoire pour la vérité, pour la justice et contre l’impunité qui prévalait depuis des années ». « Le déroulement de l’instruction s’est heurté à de multiples obstacles et chacun sait qu’en réalité, les considérations politiques ont été omniprésentes dans ce dossier, au nom de ce qu’a été la politique française vis-à-vis du régime Habyarimana » a réagi celui-ci avant de saluer le fait que la décision « hallucinante », « incompréhensible » et « injustifiée » qui avait été rendue l’an dernier ait été, « fort heureusement, infirmée ».
Senga butela

