Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) de la République démocratique du Congo (RDC) durcit le ton face à la couverture médiatique de la crise sécuritaire dans le pays. Son président, Christian Bosembe, a mis en garde les journalistes ainsi que les responsables des médias nationaux et internationaux contre la diffusion de contenus susceptibles de démoraliser les troupes gouvernementales ou de présenter l’ennemi sous un jour favorable. Dans une déclaration ferme, il a prévenu : « Le média qui va diffuser les images de notre armée en position de faiblesse sera fermé. »
Cette mesure s’inscrit dans une politique de régulation stricte visant à empêcher la diffusion de messages considérés comme favorables aux mouvements rebelles, particulièrement dans l’est de la RDC. Christian Bosembe a ainsi défini une « ligne rouge » à ne pas franchir, notamment en matière d’apologie du crime et de diffusion d’informations sur les activités des forces insurgées. Les contrevenants s’exposeraient à des sanctions pouvant aller d’une interdiction temporaire d’intervenir dans les médias, pour une durée de 1 à 90 jours, à la suspension ou à la fermeture, temporaire ou définitive, des entreprises audiovisuelles concernées.
Cette annonce suscite des débats au sein de la société civile et de la corporation journalistique congolaise. Si les autorités de régulation invoquent des impératifs liés à l’ordre public, à la sécurité nationale et au patriotisme en période de conflit, certains observateurs s’inquiètent des risques d’atteinte à la liberté de la presse.
La position du CSAC relance ainsi le débat sur l’équilibre délicat entre la défense de la souveraineté nationale, les impératifs de sécurité en période de conflit et le respect de la liberté de la presse.
Senga Butela

