L’Inspection générale des finances (IGF) envisage d’entamer la mise en œuvre progressive du contrôle systémique à partir du second semestre 2027 dans les structures déjà digitalisées, avant sa pleine maturité prévue en 2028. L’annonce a été faite par l’inspecteur général des finances-chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, lors d’un briefing spécial consacré à la présentation du Plan stratégique triennal 2026-2028 et au contrôle systémique de l’IGF. Cette rencontre a été animée conjointement avec le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ce mercredi 5 août.
Face à la presse réunie au studio Maman Angebi de la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC), Christophe Bitasimwa a reconnu que la patrouille financière, mécanisme de surveillance et de contrôle des finances publiques mis en œuvre par l’IGF depuis sa redynamisation par le président de la République, Félix Tshisekedi, en 2020, « a fait ses preuves ». Il a notamment cité sa contribution à la prévention de nombreuses irrégularités au sein des entreprises et établissements publics.
Toutefois, a-t-il expliqué en substance, il est devenu impossible pour les inspecteurs des finances d’assurer en permanence une présence physique auprès des entités contrôlées, certains responsables estimant déjà que cette surveillance s’apparentait à une forme de cogestion.
Le contrôle systémique n’est pas un nouveau type de contrôle
À l’issue d’une analyse approfondie, l’équipe dirigeante de l’IGF a élaboré un plan stratégique couvrant la période 2026-2028.
Axé sur le contrôle systémique, ce plan repose sur la digitalisation et l’analyse des données afin de rendre les interventions plus ciblées et plus efficaces.
« Nous avons un plan stratégique dénommé Plan stratégique triennal 2026-2028. Nous fixons l’horizon 2026-2028 pour que d’ici trois ans, nous puissions atteindre la maturité nécessaire pour que ce nouveau paradigme puisse fonctionner en toute maturité. Aujourd’hui, la digitalisation nous permet d’avoir tous les renseignements, faire le recoupement en amont avant même que nous ne puissions descendre sur terrain », a déclaré l’inspecteur général des finances-chef de service.
Il a souligné que cette nouvelle approche repose sur le contrôle permanent et en temps réel des flux financiers et économiques à l’échelle nationale, l’interconnexion des systèmes douaniers, fiscaux, budgétaires, bancaires et d’autres plateformes, afin de croiser automatiquement les données, ainsi que sur une exploitation sécurisée et à grande échelle des technologies numériques.
Il ne s’agit donc pas d’un nouveau type de contrôle, mais d’une méthode moderne destinée à renforcer les mécanismes existants, à savoir le contrôle a priori, contrôle concomitant et contrôle a posteriori, afin d’améliorer l’efficacité de la surveillance des finances publiques.
Maîtriser les flux financiers
Selon le numéro un de l’IGF, la maîtrise et l’analyse des données permettront aux inspecteurs des finances d’intervenir sur le terrain avec davantage de précision et de rapidité.
Il a insisté sur le fait que, pour atteindre le niveau de performance recherché, l’IGF entend maîtriser les flux financiers grâce aux outils numériques.
« L’IGF est mise en place pour stopper et arrêter toutes sortes de corruption. Mais, on n’y arrive pas, parce qu’il y a des obstacles qui peuvent être invisibles. Nous ne maîtrisons pas toutes les données financières qui circulent dans la République. Pour y arriver, nous devons concevoir l’État comme un système composé de plusieurs sous-systèmes, notamment les systèmes économique, financier, de défense et social. Tous ces systèmes interagissent et forment ce que l’on appelle le système. Tant que nous ne maîtrisons pas tous les flux financiers qui circulent dans ce système, nous pouvons faire les contrôles, mais nous n’allons pas atteindre la performance voulue », a expliqué Christophe Bitasimwa.
Évoquant les acquis de la patrouille financière, il a cité, outre la prévention de nombreuses irrégularités dans les entreprises et établissements publics, la disparition des grèves autrefois récurrentes dans ces structures, grâce à la priorisation, imposée par les inspecteurs des finances aux gestionnaires des entités contrôlées, des dépenses jugées essentielles, notamment celles liées à la rémunération du personnel.
S’agissant du renforcement des capacités des inspecteurs, Christophe Bitasimwa a affirmé que « la formation est permanente à l’IGF », faisant remarquer qu’« un contrôleur est censé être plus intelligent que le contrôlé ».
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À ce sujet, il a révélé que l’ensemble du personnel de l’IGF, du Corps des inspecteurs aux agents et cadres administratifs, suit des formations tout au long de l’année 2026. Ces sessions, ainsi que celles programmées par la suite, sont inscrites dans le Plan stratégique triennal 2026-2028. Elles doivent permettre aux bénéficiaires d’accompagner la mise en œuvre progressive du contrôle systémique jusqu’à sa pleine maturité et de répondre efficacement aux exigences de ce nouveau paradigme.
Senga Butela

