Le climat politique en République démocratique du Congo connaît une escalade de tensions après les virulentes accusations portées par le député national et haut cadre du parti au pouvoir, Peter Kazadi. Réagissant avec fermeté au discours public de l’ancien président Joseph Kabila, le responsable politique a désigné ce dernier comme le véritable leader de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23, le mouvement rebelle soutenu activement par le Rwanda qui déstabilise gravement la partie orientale de la nation.
Pour l’entourage présidentiel et le gouvernement congolais, cette sortie médiatique de l’ancien chef de l’État constitue une déclaration de guerre ouverte contre les institutions légitimes du pays. Peter Kazadi reproche à Joseph Kabila d’avoir délibérément choisi la voie de la rébellion armée plutôt que celle du débat démocratique, qualifiant son positionnement d’affront majeur face à une crise sécuritaire existentielle.
L’élu insiste sur le fait que cette alliance d’intérêts avec Kigali équivaut à un reniement des responsabilités passées et une trahison nationale envers les millions de citoyens éprouvés par le conflit.
L’argumentaire de l’ancien ministre de l’Intérieur pointe du doigt des manquements éthiques cruciaux. En qualifiant Joseph Kabila d’auteur moral des atrocités documentées à l’Est, Kazadi martèle que ce dernier a simplement « oublié d’assumer publiquement » sa responsabilité dans les massacres et les violences sexuelles perpétrés sur le terrain par les forces coalisées. Il fustige ainsi un discours jugé ambigu, qui amplifierait selon lui les revendications de Paul Kagame tout en tentant d’affaiblir la cohésion de l’armée loyaliste.
Ces déclarations s’inscrivent dans une offensive verbale plus large des autorités de Kinshasa contre l’ancienne majorité présidentielle. Alors que certains opposants et analystes politiques invitent à la prudence face à ces accusations de trahison, les déclarations relayées par des plateformes d’information comme The Voice of Congo illustrent la rupture définitive entre le régime de Félix Tshisekedi et son prédécesseur.
Ce durcissement de ton laisse craindre une polarisation accrue au moment où le pays cherche des voies de consensus pour restaurer sa souveraineté territoriale.
Senga butela

